Mercredi 30/11/11, encore au taf
Hey…
Dire que j’allais passer ce soir… que je pensais pouvoir te gérer… 2mn sur l’écran noir de chez toi et je comprends que je suis encore trop effritée…
Je ne voulais pas t’inclure dans ce nouveau blog. C’était un nouveau départ, sans toi j’avais dit ! (enfin… tu avais dit…)
Mais il faut croire que ce n’en est que l’amorce, et qu’il me faut encore comprendre et ressentir certaines choses.
On a dépassé les 6 mois là, mais la notion de temps n’existe pas. 6 mois… j’ai autant l’impression que c’était y’a 2 semaines que 10 ans, comme si cette boursouflure n’en finirait jamais de ne pas cicatriser, comme si rien n’avait jamais existé, comme si rien ne serait jamais fini…
Tu pensais que j’allais me remettre facilement hein… ouais, moi aussi… j’ai tenté. Et je suis sur le cul de constater cet état de de de de… je sais même pas, ça fluctue.
Aujourd’hui, là, y’a 10mn même, en lisant tes mots et relevant les dates, les commentaires, les images, je me suis (enfin ?!) dit “mais à quoi devais-je m’attendre hein ?!!” Dis moi sincèrement… as-tu réellement, vraiment, honnêtement, profondément, pensé refaire ta vie avec moi ?… Non bien sûr… tu aurais été heureux… tu aurais eu la force, la foi… enfin, je croix. Mais si évidemment, tu me l’as dit, écrit, je t’ai cru, je te crois, je ne me souvenais simplement plus…
Bon, voilà, j’ai de la colère qui passe pas. Je t’en veux d’avoir connu notre histoire alors que tu avais déjà posé ta vie (même si elle ne te convenait plus), d’avoir eu assez de repères pour avoir su, compris toute l’immensité, la force et le caractère unique de notre passion, alors que moi je ne me rends compte que maintenant qu’il est possible que je ne connaisse rien d’aussi fort par la suite. Qu’il faudra que je me contente de moins pour construire ma vie en connaissance de cause. Que je serai en recherche de ce que j’ai perdu. En mode coeur blasé, flânant sans le savoir au rayon des histoires bon marché.
Et, dans toute l’injustice de mes mots, ton amour de me quitter, cette force, ce sacrifice, en ressort plus grand, plus fort encore. Tu fais chier.
Sache qu’elle, bien que je l’ai toujours respectée car mère de tes anges, me dire que cette connasse partage tes jours, ça m’révolte. D’autant plus si t’es bien.
Et même si c’est comme renverser une bouteille de bière éventée ayant servi de cendrier sur cette page qu’on a dû tourner, et ben j’m'en fous et j’te l’dis : j’ai l’impression d’avoir été posée juste entre deux parenthèses de ta vie, la belle carte postale que tu relis les soirs en gris, le film en 8mm quand tu t’endors peut-être (et j’m'en fous que ce soit faux, archi faux)…j’me retrouve bien conne moi maint’nant, à te chercher sur tous ceux qui m’propose leur épaule avant d’me louer leur queue, ou l’inverse d’ailleurs.
Tu vois comme mon ton a changé ? Tu te souviens de ces mots évaporés qu’on s’échangeait ? A la douceur du miel des caresses espérées et du réconfort tant souhaité, à l’accent de coups de reins et de cuisses serrées, au goût du sel des larmes versées sur des lames enfoncées, à l’éclat des rayons de rires explosés… au chuchotement d’inavouables secrets… Voilà donc où j’en suis, en crissement de verre rayé.
Mais p’têtre qu’il le faut, que je te voie… pour m’en prendre une bonne grosse dans la gueule plutôt que de ressasser les irrationnels hazards uniques, que je craque sans être bourrée, pour me souvenir pourquoi je pleure, pour que si le paysage devient flou ce soit par mes yeux et plus par mes idées fantasques… Et que je la croise elle, pour enfoncer plus loin ce poignard, ou le retirer et lui planter entre ses deux yeux de chatte à griffes rentrées.
…et j’te déteste même pas. Mais j’te veux plus non plus. J’suis juste seule. Juste un peu moins que par le passé.
J’ai été successivement compréhensive attentive, en surexposition de surindépendance, guerrière brisée à terre, puis nouvelle épanouie, et à nouveau presque rampante d’avoir pensé te retrouver dans d’autres yeux et me manger une nouvelle assiette d’esseulement, vilain masque de double deuil sous ma gueule…
Alors, j’te souhaite une bonne soirée, j’espère que ça va bien marcher, que y’aura du monde sur l’dancefloor, que vous serez pas dans l’rouge sur ce bâteau qui l’est pourtant. Tu vois, j’te veux même pas d’mal…
P’têtre que j’t'écrirai encore, plus tard, ou pas. Et même si je ferai semblant quand tu m’enverras un mot plus perso, même si je ferai comme si de rien était, comme tu sais bien le faire aussi, sache qu’avec c’qui vibre de mes tripes à mes mâchoires là, mon verre ce soir, jle viderai en espérant t’effacer, un “cheers” en forme de gomme à pensées…
Celle qui était raz de marée